Pop-up

Sonia Delauney, Plage en été, sd

Sonia Delauney, Plage en été, sd

Diaporama en powerpoint : Pop-up

Diaporama en PDF : Pop-up

Le pop up est un procédé de pliage du papier d’où l’on fait surgir des formes en trois dimensions, en relief, lorsqu’on ouvre une double-page. Nous nous intéressons ici à des exemples qui jouent sur la profondeur, plus que sur le volume : cela nous permet d’étudier comment on créée un effet de profondeur, sans perspective géométrique, par la superposition de plans les uns devant les autres.

Arnaud Roi, Dinomania, 2016

Voici un livre récent, publié par un illustrateur, « ingénieur-papier », spécialisé dans les livres en pop-up. Il a pour sujet la vie (supposée et reconstituée) des dinosaures. On voit plusieurs plans parallèles sur lesquels sont représentés des dinosaures et de la végétation. Les plans sont découpés suivant les contours. Si on regarde le livre de haut, on a une vision d’ensemble, comme une vue d’avion. Mais, si on regarde au ras de la page, on verra en profondeur : les plans se présentent l’un devant l’autre et se cachent en partie, comme cela se passe dans l’espace réel, par exemple quand on regarde un paysage d’un certain point de vue. Mais il semble que certains plans disparaissent presque complètement derrière les autres : le livre est peut-être plutôt fait pour être regardé comme un livre, d’en haut, justement…

Barbara Gilhooly, Pop-Up Garden, installation, 2013

Cette artiste travaille généralement sur le bois, qu’elle peint de couleurs vives, selon une veine assez naïve. Le titre de l’œuvre se réfère au pop-up pour les raisons qui nous intéressent : ce sont des formes découpées en deux dimensions, qui représentent des éléments de paysage ; placées les unes devant les autres, elles donnent un effet de profondeur. Ce sont ici des formes de fleurs multicolores d’assez grande taille, destinées à être disposées dans l’espace de l’exposition, comme une installation. On peut donc les considérer comme un bout de paysage.

Philippe Ug, d’après Vasarely, 2014

Voici un exemple de transposition en trois dimensions d’un genre de peinture dite concrète (on parle d’art concret), parce qu’elle ne représente rien d’autre et qu’elle est réelle en elle-même, par sa construction. Les formes géométriques et les couleurs vives en aplat sont utilisées en vue de leur intégration à l’architecture moderne et au milieu urbain. C’est pourquoi ce genre se prête bien à sa mise en espace, de façon à former par soi-même une architecture-sculpture. Le livre permet de proposer plusieurs variations dans un format moins encombrant qu’une maquette.

Philippe-Jacques de Loutherbourg, Décor de théâtre, Les Jardins de Kensington, XVIII-XIXe siècle

Ce n’est pas un pop-up, mais une maquette de décor de théâtre. L’artiste fut un grand paysagiste et décorateur de théâtre : on lui a commandé ce projet. Il montre avec simplicité comment fonctionne la construction d’une illusion de profondeur par plans successifs dans l’espace, qui encadrent la scène.

Philippe-Jacques de Loutherbourg, Peak's Hole dans la région du Derbyshire, décor de théâtre

Philippe-Jacques de Loutherbourg, Peak’s Hole dans la région du Derbyshire, décor de théâtre

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A propos Pascal Rousse

Je suis docteur en philosophie, professeur certifié d'arts plastiques en collège à Paris et chercheur indépendant. Mes recherches en philosophie de l'art portent sur le cinéaste soviétique Serguei M. Eisenstein, le montage et le modernisme.
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