La préhistoire 3 – sculpture

Félins préhistoriques

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COMMENTAIRE DU DIAPORAMA :

L’homme-lion, ivoire de mammouth, grotte de Hohlenstein, -32000 ans AP ; Dame de Brassempouy, ivoire, -29000-22000 ans AP

Nous avons vu que l’art préhistorique était étroitement lié à des préoccupations magiques et religieuses. La statue dite de « l’homme-lion » semble le confirmer. En effet, nous voyons ici un lion (ou peut-être une lionne) qui se tient debout comme l’être humain. Or, c’est naturellement impossible. On peut donc supposer qu’il s’agit là d’une divinité sous forme animale. Cela se pourrait car nous connaissons en Égypte des représentations de divinités à têtes d’animaux.

La « dame de Brassempouy« , ainsi nommée d’après le lieu où elle fut trouvée est un exemple rare de représentation réaliste de la figure humaine et de la beauté féminine. La coiffure est assez détaillée. Mais, s’agit-il d’une coiffe, d’un foulard ou des cheveux ? Dans ce dernier cas, on peut voir cette coiffure comme étant faite de nattes, à la manière africaine ou jamaïcaine. Il faut également d’observer la facture du visage, car c’est la plus ancienne représentation connue d’une tête humaine. Les traits sont indiqués avec une grande économie de moyens. En effet, les arcades sourcilières et le nez suffisent, qui portent le front en avant, pour que l’on reconnaisse immédiatement une face humaine. Pas d’yeux ni surtout de bouche. Ici encore, la beauté se marque par la recherche de régularité et de symétrie dans les formes du visage.

Nous avons donc, d’un côté, une image fantastique probablement liée au religieux et, de l’autre, une image assez réaliste d’une femme ordinaire de ce temps.

Vénus de Hohle Fels, -40000-35000 AP

Cette statuette est la plus ancienne représentation connue en sculpture de la figure féminine. On remarque tout de suite l’exagération des formes sexuées, typique des « vénus » préhistoriques. La tête, en revanche, ainsi que les jambes, sont atrophiées. Pas de visage. Pas de mouvement. Comme pour tous les objets de la préhistoire, nous ne savons rien de leur fonction et de leur signification, car nous n’avons aucun témoignage écrit (la préhistoire se situe avant l’invention de l’écriture), ni d’image montrant l’usage qu’on pouvait en faire. Mais l’exagération des seins et l’aberration anatomique qui consiste à mettre le sexe en avant et prenant la moitié de la largeur du bassin permettent de supposer que c’est la fécondité dans toute sa puissance qui intéresse le sculpteur.

Selon les critères de beauté admis aujourd’hui, on pourrait croire que c’est une caricature de la féminité. Mais il n’en rien : le grand nombre de statuettes de ce type témoigne au contraire d’une fascination, et donc d’un grand respect, pour la puissance de fécondité dont la femme est porteuse aux yeux des hommes.

Venus de Laussel, calcaire et ocre peint, -25000 ans AP

Cet exemple est intéressant pour deux raisons.

D’abord, c’est un bas relief et non une statuette. La diversité des modes de représentation et des support peut constituer un signe supplémentaire de l’intérêt que les hommes portaient à ce type d’image. De plus, ce bas relief comporte des traces d’ocre. Or, nous avons vu que l’ocre est très probablement une matière précieuse, puisqu’on en a trouvé dans des sépultures, ce qui peut attester sa fonction sacrée.

Deuxièmement, cette figure a un attribut : elle tient une corne dans sa main. Tous les symbolismes connus font de la corne à la fois un emblème de force et d’abondance. On retrouve donc la puissance de la fécondité, probablement associée à une dignité supérieure, puisque la main levée tenant cette corne semble en faire une sorte de sceptre.

Vénus de Willendorf, calcaire, -24000-22000 ans AP

Dernier exemple, pour montrer aussi la diversité des formes. Ici la tête est de grande taille, mais on n’en voit que mieux l’absence de visage. La coiffure est en revanche assez détaillée comme dans le cas de la Dame de Brassempouy. On remarque aussi les bras posés sur les seins. La courbure du ventre pourrait indiquer qu’elle est enceinte.

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A propos Pascal Rousse

Je suis docteur en philosophie, professeur certifié d'arts plastiques en collège à Paris et chercheur indépendant. Mes recherches en philosophie de l'art portent sur le cinéaste soviétique Serguei M. Eisenstein, le montage et le modernisme.
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